Assise, un verre à la main, je contemple cette silhouette longiligne qui se détache de la salle sombre et intime. Elle porte en bandoulière une guitare, bien plus grosse qu’elle, qu’elle manie avec beaucoup trop d’aisance. Elle est sur scène comme un poisson dans l’eau : imposante, douce, sauvage, sérieuse, enfantine, joueuse. Tellement impressionnante que je sens mes doigts encore parfumés de sa cyprine comme d’autres sniffent de la coke. Elle est ici et là-bas en même temps, encore sur ma peau et maintenant cette ombre au loin que tout le monde dévore des yeux. Mais quelques jours plutôt c’était elle et moi, son plaisir et mon plaisir.

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