Elle avait pour habitude de dormir nue. Et chaque matin, peu importe les hôtels où nous passions la nuit, c’est à moi que revenait la tâche de venir frapper à sa porte pour lui apporter son café. Elle dormait le sein dénudé. Je regardais son mamelon s’élever et s’abaisser au rythme de ses respirations. Il se dressait, naturellement fier. Il était devant mes yeux et pourtant je le sentais dans ma bouche.

Je l’imaginais à la fois sensible et capable d’en prendre, aimant aussi bien être effleuré du bout des lèvres que profondément sucé ou mordillé avec vivacité. Je me voyais glisser d’un sein à l’autre afin de n’en négliger aucun des deux. Les serrant dans mes mains, je les faisais se rencontrer, les mangeant à pleine bouche comme un sein à deux têtes. J’en pompais si vigoureusement le suc, que je goûtais son nectar légèrement sucré et sûr à la fois. C’est avec ce goût évanescent dans la bouche que je me contentais de déposer son flat white près de son lit tout en la réveillant d’un discret « Good morning! ».

La première fois que je l’avais vu en personne, elle portait une combinaison de latex noire. Considérée comme l’une des grandes guitaristes du XXIe siècle, elle électrisait de son talent le public d’Osheaga.

Un de mes bons amis était membre de l’équipe du festival et je lui avais demandé la faveur de la rencontrer. Je me doutais quelle avait une assistante, mais je lui avais donné ma carte en lui disant que si elle avait des envies de poutine à 3h du mat’, ou de découvrir les places queers de Montréal j’étais là. Et à ma plus grande surprise, elle me donna rendez-vous dans un bar près de chez moi.